Pourquoi nous n’avons pas levé de fonds

Privilégier le chemin à la destination

Dans ma précédente boîte, j’ai levé 1,2M€.

Et elle a coulé.

Smappen n’a pas levé de fonds.

Nous sommes à 1M€ d’ARR avec un EBITDA à 30%.

Lever des fonds, ce n’est pas la réussite de votre boîte, seulement celle de votre capacité à convaincre

C’est clair que lever des fonds, c’est classe.

D’un seul coup, on est visible. Il y a les interviews, les articles élogieux sur le potentiel incroyable de la startup, la multitude de félicitations et de likes sur les réseaux sociaux.

Et puis la sensation d’avoir passé une étape clé vers la réussite.

Et tellement de cash sur le compte en banque qu’on se sent invincible.

La bonne recette pour surgonfler son égo.

Puis vient la réalité : lever des fonds, ça montre juste votre capacité à convaincre. Pas votre préparation et votre capacité à exécuter. Et c’est là le point le plus important pour un entrepreneur.

Une levée de fonds, c’est un accélérateur.

Elle vous donne les moyens d’aller plus vite sur tous les fronts. D’un seul coup, vous avez la capacité de recruter, investir sur le marketing, la pub, le produit…

C’est un peu comme si vous mettiez d’un coup un moteur de fusée sur votre voiture : si le pilote n’est pas préparé, que le châssis n’est pas prévu pour ça ou que la voiture n’est pas lancée dans la bonne direction, c’est le crash assuré.

Le modèle boostrap, adapté à la plupart des startups

Avec Dan, fondateur de smappen, on se sent plus entrepreneurs que cascadeurs.

Alors on a fait le choix d’un modèle différent, qui séduit de plus en plus de startups aujourd’hui : le bootstraping.

Autrement dit, un modèle de développement qui s’appuie uniquement sur nos ressources propres.

Ce type de modèle est possible si :

  • La startup ne s’appuie pas sur une innovation avec un risque technique. Si des travaux importants de R&D sont nécessaires pour valider la faisabilité technique, alors ce n’est pas pour vous. → Oubliez si vous souhaitez créer un nouveau médicament.

  • La startup n’est pas sur un marché de type “winner takes all”.

    Ce contexte concerne surtout les offres qui s’appuient sur des effets de réseau. Plus il y a de clients, plus la valeur apportée est forte (ex: Microsoft avec Windows devenu un standard, ou Linkedin qui a tué Viadeo au passage). → Ca concerne finalement assez peu de startups.

  • La startup n’a pas besoin d’investissements lourds pour délivrer les premiers produits (usine, stocks…). Ce point peut en partie être contourné via de la sous-traitance de production.

Finalement, on se rend compte qu’assez peu de startups rentrent dans ces cases.

Et la plupart peuvent se développer sans lever de fonds si les fondateurs ont l’envie et la discipline nécessaire.

Les avantages : garder le contrôle et maîtriser son développement sereinement

Soyons clairs, ce choix ne s’appuie pas juste sur une envie ou un état d’esprit.

C’est le choix très pragmatique d’un modèle qui comporte de gros avantages :

  • Garder le contrôle total de son capital, et une entière liberté dans les prises de décision.

    Des investisseurs, même s’ils ne sont pas les décideurs finaux, ont forcément du poids dans les choix que les fondateurs vont devoir faire. Personne n’a envie de se fâcher avec un interlocuteur qui détient un quart ou un tiers du capital de sa boite. Une forme de pression psychologique peut se mettre en place, avec de mauvaises décisions à la clé (car oui, les investisseurs, même expérimentés, ne sont pas toujours de bon conseil).

  • Sous la contrainte budgétaire, l’ensemble de l’équipe est poussée à être plus créative et innovante, à chercher des solutions smart et efficientes. Trop facile quand on a les moyens : on doit développer des fonctionnalités plus vite ? On recrute ! On veut plus de leads ? On paie des annonces ! L’absence de solution facile nous force à être plus malins que les autres, avec parfois de belles innovations à la clé, qui sont de vrais différenciants face à la concurrence.

  • Toute notre énergie est focalisée sur ce qui fait le succès d’une startup in fine : la génération de revenus et la rentabilité. Non, une startup n’est pas en réussite parce qu’elle a levé des fonds. Ses fondateurs ont surtout consacré beaucoup de temps à pitcher, négocier et monter des dossiers au lieu de développer le business. Ils vont devoir penser à la prochaine levée. Pendant ce temps, la startup boostrapée a appris à connaître son marché, a affiné son offre et génère son propre cash.

  • La sérénité : quand les startups qui ont levé surveillent de près leur “time to be dead” (le temps qu’il leur reste avant que la trésorerie ne tombe à zéro, signifiant la fin de l’aventure), les startups rentables n’ont pas cette question à se poser. La courbe de trésorerie monte au lieu de descendre, il n’y a pas de date probable de mort avant laquelle il faut prévoir une nouvelle levée. Et ça, ça permet à toute l’équipe de bien dormir, et ça n’a pas de prix.

1 million d’euros de chiffre d’affaires annuel, c’est une levée tous les ans

Se développer sur fonds propres, ça ne veut pas dire ne pas avoir de financements. Au contraire ! Quand vous êtes rentables, vous avez d’autres sources de financement qu’une startup qui a levé des fonds (et qui par définition dépense plus qu’elle ne gagne) :

  • Le cash que vous générez grâce à vos clients! 1M€/an de CA, c’est une levée tous les ans!
  • Prêt bancaires: quand vous êtes rentable, pas besoin de solliciter le banques: elles viennent vers vous pour vous proposer de vous prêter de l’argent (c’est du vécu).
  • Subventions: votre rentabilité vous permet d’augmenter vos fonds propres, et donc d’aller chercher plus de subventions. Et il y a de quoi faire en France.

En contrepartie, attendez-vous à développement plus lent : une startup qui a levé des fonds ira forcément plus vite qu’une startup boostrapée. Mais attention à ne pas confondre vitesse et précipitation…

En fin de compte, choisir son modèle de croissance dépend du projet des fondateurs.

Construire et faire vivre une entreprise pérenne, ou faire rapidement monter en valorisation une startup pour empocher le pactole ?

Privilégier le chemin ou la destination ?

Laurent Leclerc
Co-Fondateur & Business Developer de Smappen

Sur tous les fronts, à fond les ballons

Cet article fait partie d’une série d’articles pour fêter le million d’euros de chiffre d’affaires annuel. Découvrez les autres récits ! 

Dan Faudemer
CEO & Fondateur

Les débuts : "traverser le fossé", récit d'une aventure SaaS

De la simple application de calcul d’isochrone à une plateforme de géomarketing : comment et pourquoi Dan a créé Smappen ?

Retour sur une aventure entrepreneuriale plutôt originale !

Brice de Marcillac
Customer Success Manager

Démocratiser le géomarketing avec la Smappen Academy

Un outil puissant c’est bien… Mais inutile s’il est mal utilisé. 

Comment délivrer un maximum de valeur à nos utilisateurs pour leur permettre d’utiliser tout le potentiel de notre application ? 

Retour sur le lancement de la Smappen Academy en mode agile pour aider nos clients à grandir.

Et c’est Brice qui prend la parole ! 

Laura Birot
Marketing Manager

Changer le nom de notre start-up en 3 mois

Vous vous souvenez d’OALLEY ? 

Nous, oui !

En mars 2022, OALLEY est devenu Smappen.

Pourquoi ce changement de nom ? 

Et comment nous avons pu réaliser ce changement en trois mois ? 

Retour sur l’aventure avec Laura, Marketing Manager. 

Benoît Goudy
Architecte logiciel

Comment faire du big data sans risquer l'indigestion ?

Un beau jour… Les serveurs d’OVH ont brûlé ! 

En tant qu’acteur de la géodata… Nous avons clairement frôlé la catastrophe. 

Comment mieux gérer l’ingestion de données sans risquer l’indigestion ? 

Retour sur une stratégie tech avec Benoît, notre lead développeur chez Smappen 🙂 

Brice de Marcillac
Customer Success Manager

Passer de 0 à 2 Customer Success Manager

Quand il y a tout à construire… C’est du travail. 

Quand Brice est arrivé en janvier 2021, il y avait quelques éléments en place pour le suivi client. 

Mais il restait encore beaucoup à construire. 

Comment passer de 0 à 2 Customer Success Manager ? Retour en images avec Brice. 

Mélissa Giboreau
Customer Success Manager

3 enjeux auxquels nous faisons face en tant que CSM

Mélissa est arrivée chez Smappen en mars 2022 en tant que Customer Success Manager. 

Avec désormais 500 clients, les enjeux sont nombreux. 

Comment proposer un accompagnement de qualité ? 

Retour sur 3 enjeux auxquels l’équipe CSM de Smappen fait face ! 

Commencez à utiliser smappen dès maintenant

blog

Anne-Claire rejoint l’équipe tech de Smappen

Avec 14 ans d’expérience dans le développement, nous sommes ravis d’accueillir Anne-Claire qui vient renforcer l’équipe tech de Smappen !  Encore une belle arrivée pour