L’État Local de Marché (ELM) en franchise

Sommaire

L’essentiel à retenir :

  • L’état local de marché (ELM) est un document de synthèse qui regroupe les données brutes — démographie, revenus, concurrence — d’une zone de chalandise, sans prévision de chiffre d’affaires.

  • Il est obligatoire dans le Document d’Information Précontractuel (DIP), au titre de la loi Doubin (art. L330-3 du Code de commerce). Le franchiseur doit le remettre au candidat au moins 20 jours avant la signature du contrat.

  • L’ELM n’est pas une étude de marché : il décrit une situation, il ne prédit pas une performance. L’étude de marché reste à la charge du franchisé.

  • Un ELM absent, incomplet ou trompeur peut entraîner la nullité du contrat de franchise et engager la responsabilité du franchiseur.

  • Smappen permet aux franchiseurs de générer un ELM automatisé, conforme et en illimité, en quelques clics.

L'importance de l'État Local de Marché dans les contrats de franchise

L’État Local de Marché (ELM) est un pilier fondamental des contrats de franchise, garantissant transparence et sécurité juridique.

Vous vous posez plein de questions ? Ca tombe bien, nous allons y répondre.

Plus exactement, nous allons explorer pourquoi ce document est indispensable, ses distinctions par rapport aux études de marché traditionnelles, et ses exigences légales. Nous vous fournirons le contenu que l’on doit y insérer et les outils pratiques pour le créer efficacement !

Qu'est-ce qu'un État Local de Marché ?

L’État Local de Marché est un document légal essentiel dans le cadre des contrats de franchise. Exigé par le Code de commerce, l’ELM vise à fournir aux futurs franchisés une analyse détaillée de la zone de chalandise, sans offrir de prévisions chiffrées de revenus. Cette approche permet d’éviter les risques associés aux études de marché traditionnelles pour les franchiseurs.

Concrètement, ce rapport comprend des informations démographiques, socio-économiques et une évaluation précise de la concurrence de la zone géographique concernée par le contrat. L’objectif est de garantir que les franchisés disposent d’une base solide et objective pour prendre leurs décisions d’affaires, tout en respectant les exigences légales en matière de transparence et d’information.

Explorons ensemble l’importance et la structure de cet outil indispensable pour assurer la conformité légale et le succès des enseignes.

La distinction entre l'Etat Local de Marché et une étude de marché

Comme nous le disions juste au-dessus, l’ELM est un document légal exigé par le Code de commerce pour les contrats de franchise. Il se doit d’être objectif et neutre en d’utiliser les données brutes sur la population et la concurrence de la zone de chalandise.

En revanche, une étude de marché traditionnelle est un outil plus général qui vise à analyser les tendances du marché et les comportements des consommateurs, souvent en fournissant des projections financières. Elle peut inclure des analyses détaillées sur divers aspects du marché pour identifier les opportunités et les risques futurs. Contrairement à l’ELM, l’étude de marché cherche à prédire le potentiel commercial et à explorer les opportunités de manière plus spéculative.

L’ELM est réalisé et fourni par le franchiseur au franchisé. L’étude de marché, quant à elle, ne doit jamais être réalisée par le franchiseur mais elle est fortement recommandée pour les futurs partenaires qui souhaitent se lancer.

Cette distinction est fermement établie par la jurisprudence. La Cour d’appel de Douai a ainsi posé le principe que « la présentation de l’état général et local du marché ne peut être confondue avec une étude de marché, dont l’établissement appartient au franchisé en tant que commerçant indépendant » (CA Douai, 20 janvier 2011). Concrètement : le franchiseur fournit l’ELM (données brutes, objectives), le franchisé réalise son étude de marché (analyse, projections, business plan). Si le franchiseur fournit volontairement une étude de marché à la place d’un simple ELM, il s’expose à un risque de responsabilité accru en cas de projections trop optimistes.

Quelle différence entre l'État Général de Marché (EGM) et l'État Local de Marché (ELM) ?

Dans le cadre du DIP, le franchiseur doit fournir deux documents complémentaires :

L’État Général de Marché (EGM) donne une vision d’ensemble du secteur d’activité à l’échelle nationale (voire internationale). Il couvre les grandes tendances du marché, la taille du secteur, les évolutions récentes et les perspectives. C’est le « zoom arrière » : le candidat comprend dans quel environnement sectoriel il s’inscrit.

L’État Local de Marché (ELM) est le « zoom avant » : il se concentre sur la zone géographique précise où le franchisé va s’implanter. Il fournit des données de terrain — population, pouvoir d’achat, concurrents présents — pour permettre au candidat d’évaluer le potentiel de sa zone d’exploitation.

Les deux sont requis par l’article R330-1 du Code de commerce et doivent figurer dans le DIP. L’EGM pose le contexte sectoriel, l’ELM ancre l’analyse dans le réel local.

Exigences législatives pour l'État Local du Marché

Le rôle du Code de commerce

Le Code de Commerce joue un rôle central en imposant des obligations légales spécifiques, notamment à travers l’État Local du Marché. Ce document est requis par pour garantir que les futurs franchisés disposent d’informations précises et fiables sur leur zone de chalandise avant de s’engager.

En imposant l’Etat Local de Marché, le Code de commerce cherche à protéger les franchisés contre les risques associés à des études de marché trop optimistes ou mal fondées. Cette obligation légale aide également à prévenir les litiges en garantissant que toutes les parties disposent d’une base commune d’informations factuelles.

La jurisprudence a précisé les contours de cette obligation.
La Cour d’appel de Paris a rappelé que l’état du marché devait « donner au franchisé une image exacte de l’environnement, caractère déterminant pour son consentement » (CA Paris, 13 juin 2006, Euromark).
Un ELM insuffisant, même s’il ne conduit pas automatiquement à la nullité du contrat, peut être considéré comme un manquement au devoir d’information précontractuelle et engager la responsabilité du franchiseur.

Le Document d'Information Précontractuel (DIP)

Le Document d’Information Précontractuel (DIP) est un document clé exigé par le Code de Commerce dans le cadre des contrats de franchise. Il vise à garantir une transparence totale entre le franchiseur et le futur franchisé en fournissant toutes les informations essentielles avant la signature du contrat.

La loi Doubin, prévue par le décret du 1er avril 1991, impose au franchiseur de communiquer plusieurs informations obligatoires au candidat, par l’intermédiaire du DIP (Document d’Information Précontractuelle), 20 jours au moins avant la date de signature du contrat.

Ne pas remplir cette obligation imposée par la loi Doubin prévu dans l’article L. 330-3 du Code de Commerce entraîne la nullité du contrat de licence.

Que doit contenir le DIP ?

Le Document d’Information Précontractuel comprend plusieurs éléments cruciaux :

L’État Local du Marché, qui fournit une analyse détaillée de la zone de chalandise, incluant des données démographiques, socio-économiques et une évaluation de la concurrence locale, sans promettre de chiffres d’affaires prévisionnels. L’Etat Local de Marché aide les futurs franchisés à comprendre le potentiel de leur marché sans s’appuyer sur des projections financières incertaines.

Les informations sur le franchiseur, incluant des détails sur l’entreprise, son historique, son expérience dans le domaine de la franchise, ainsi que des informations financières et juridiques pertinentes. Cela permet au franchisé potentiel d’évaluer la stabilité et la crédibilité du franchiseur.

La présentation du réseau de franchise avec notamment le fonctionnement du réseau, les conditions d’entrée, les obligations financières (telles que les droits d’entrée et les redevances), et les services fournis par le franchiseur (formation, assistance, etc.). Cela offre une vue d’ensemble du soutien et des ressources disponibles pour le franchisé.

Et bien entendu le DIP doit aussi inclure une copie du contrat de franchise proposé, permettant au franchisé potentiel de l’examiner attentivement avant de s’engager.

Quelles informations doit contenir un état local de marché ?

Un Etat Local de Marché doit contenir deux grandes parties :

  • Les données sur la demande = votre clientèle cible. Il s’agit principalement de données socio-démographiques (B2C)

  • Les données sur l’offre = votre concurrence directe ou indirecte

Données relatives à la demande

Ces informations permettent de comprendre la composition et les caractéristiques de la cible dans la zone de chalandise. On pense par exemple à :

  • La population totale : nombre d’habitants dans la zone ciblée.

  • La répartition par âge : pour évaluer les segments de marché potentiels (enfants, jeunes adultes, familles, seniors, etc.).

  • Les niveaux de revenu : moyenne des revenus des ménages, répartition des revenus, taux de pauvreté.

  • Le taux de chômage : indicateur de l’activité économique locale.

  • Les niveaux d’éducation : pour évaluer le profil éducatif des résidents.

  • Ou encore la structure des ménages : nombre moyen de personnes par ménage, proportions de familles monoparentales, etc.

Données d'analyse de l'offre

Cette analyse évalue le contexte commercial et les acteurs présents dans la zone de chalandise. On prendra ici en compte à la fois la concurrence directe, avec identification et description des entreprises concurrentes offrant des produits ou services similaires, leur localisation, leur taille, leur réputation, et leur part de marché. Et aussi la concurrence indirecte sur le terrain, soit les entreprises qui offrent des produits ou services substituables qui pourraient attirer les mêmes clients.

Vous pouvez également ajouter une analyse des commerces complémentaires, participant à la routine de votre clientèle.

>> Voir le tuto « Etude de la concurrence : nos astuces pour bien comprendre son marché »

Réaliser un Etat Local de Marché efficace

Il est déconseillé de réaliser son Etat Local de Marché avec des données qui ne seraient pas actuelles ou non fiables. En effet, les risques juridiques sont nombreux ! Entre le manque de fiabilité, des données obsolètes, ou encore erreurs humaines… mieux utiliser des outils certifiés ou validés par des experts du métier. Ou bien vous rapprocher d’un cabinet spécialisé.

Outils et ressources pour la création d'un ELM

Comme nous venons de le préciser, il existe plusieurs possibilités pour générer un Etat Local de Marché :

  • Faire appel à un prestataire qui vous facture unitairement

  • Utiliser un outil dédié

Quels type de prestataires ?

  • Cabinets d’études géomarketing pour réaliser votre ELM

  • Cabinets d’avocats pour le valider

  • Cabinets d’expertise dédiés à la franchise, pour un accompagnement sur-mesure et complet

Et en parlant d'outil dédié...

Smappen est l’outil idéal pour les franchiseurs (avec plus de 300 franchises clientes, Smappen est leader sur le marché). L’application vous permet à la fois de visualiser votre réseau, d’accéder aux données socio-démographiques mais surtout d’extraire des états locaux de marché automatisés, certifiés juridiquement par un cabinet d’avocats spécialisé. Et tout ça en illimité !

C’est par ici pour voir ce que ça donne en vidéo, ou nous vous laissons tester par vous-même sur l’application 😉

🗨️ L'état local de marché avec Smappen

“Avec un objectif d’ouverture de 20 restaurants par an pour l’enseigne Nachos, nous avons décidé d’internaliser le géomarketing pour une meilleure maîtrise du développement territorial. Grâce à smappen, nous pouvons facilement gérer en interne nos ELM, le maillage territorial et les zones d’exclusivité. Sa facilité d’utilisation et une équipe toujours disponible nous ont grandement aidé !”

Jean-Philippe Bosc – Directeur Général en charge du développement chez Nachos, enseigne de fast-food

> Lire le témoignage

Avec Smappen, j’ai gagné du temps sur la génération d’ELM et la validation des projets d’implantation. J’accompagne plus sereinement et avec fiabilité les porteurs de projets, du démarrage de leur démarche jusqu’à la fin de leur contrat.

Anne-Cécile Guimier – Responsable du développement franchise chez Box en Loc, enseigne de self-stockage.

> Lire le témoignage

“Avec un objectif d’ouvrir une centaine d’agences sur le territoire, nous avions besoin d’un outil nous permettant facilement de générer des Etats Locaux de Marché à un coût maîtrisé. Aujourd’hui, Smappen nous permet de communiquer une information de qualité très rapidement à nos futurs franchisés.”

Simon Boudet Responsable Marketing & Développement chez France Hygiène Ventilation, enseigne d’entretien de ventilation

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Questions fréquentes sur l'État Local de Marché

L'ELM est-il obligatoire pour tous les franchiseurs ?

Oui. La loi Doubin (article L330-3 du Code de commerce) impose à tout franchiseur de fournir un état local de marché dans le cadre du DIP, dès lors que le contrat prévoit la mise à disposition d’une marque en contrepartie d’un engagement d’exclusivité ou de quasi-exclusivité. Cette obligation est d’ordre public : les parties ne peuvent pas y renoncer, même d’un commun accord.

Qui doit réaliser l'état local de marché : le franchiseur ou le franchisé ?

L’ELM est à la charge du franchiseur. C’est lui qui doit le produire et le transmettre au candidat au sein du DIP. L’étude de marché, en revanche, est à la charge du franchisé en tant que commerçant indépendant. Le franchiseur peut recommander des prestataires, mais il ne doit pas réaliser lui-même l’étude de marché pour éviter d’engager sa responsabilité sur des projections financières.

Quelles sanctions en cas d'ELM absent ou incomplet ?

L’absence d’ELM dans le DIP peut entraîner la nullité du contrat de franchise si le franchisé démontre que ce manquement a été déterminant dans son consentement. Par ailleurs, le franchiseur s’expose à des sanctions pénales (amende de 1 500 € par manquement, portée à 3 000 € en cas de récidive, art. R330-2 du Code de commerce). Un ELM incomplet ou trompeur peut également donner lieu à une action en responsabilité civile.

Quelle zone géographique couvrir dans un ELM ?

La loi ne définit pas précisément le périmètre de l’ELM. En pratique, il doit couvrir la zone de chalandise réaliste de l’implantation prévue : ni trop étroite (risque d’omettre un concurrent significatif), ni trop large (risque de gonfler artificiellement le potentiel). L’utilisation de zones isochrones (temps de trajet) est recommandée car elle reflète mieux le comportement réel des consommateurs que les découpages administratifs.

Peut-on utiliser l'intelligence artificielle pour créer un ELM ?

L’IA peut assister dans la rédaction ou la mise en forme, mais elle ne peut pas se substituer à des sources de données fiables, vérifiées et datées. Un ELM dont les données proviendraient uniquement d’une IA générative sans source vérifiable ne respecterait pas l’obligation de sincérité imposée par la loi. Le risque juridique est réel. Pour aller plus loin, lire notre article dédié : IA et État Local de Marché : les risques à ne pas sous-estimer.

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